Des fleurs pour Tokyo

Un film de : Yuiga Danzuka

Genre : Drame
Sortie en salle : 5 août 2026

Synopsis

Ren livre des orchidées dans le quartier de Shibuya à Tokyo.

Son père Hajime passe sa vie à dessiner des foyers pour les autres, jamais pour eux.

Un jour, par hasard, une livraison les remet face à face.

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Entretien avec Yuiga Danzuka

Quel a été le point de départ de cette histoire et comment a-t-elle évolué au cours du développement ?

L’idée initiale était de raconter l’histoire d’une famille qui se reconstitue, à l’image de la ville de Tokyo et de ses transformations. Les premières images qui me sont venues à l’esprit étaient celles d’une aire de repos d’autoroute et d’un gîte, en été. J’avais l’intuition que le film devait commencer dans un lieu reculé, à l’écart de la ville.

Le père de Ren est paysagiste-concepteur. Que représente cette figure au sein de la famille ?

Le métier de paysagiste-concepteur consiste à façonner les espaces publics. En ce sens, il s’agit d’une profession avec un sens aigu de la responsabilité civile. Cela m’intéressait que cet homme, qui s’engage dans un travail public, visible de tous, doive gérer ces problèmes à la maison. Je voulais explorer cela : quelqu’un qui ne parvient pas à être un « bon père de famille », bien qu’il soit au service du bien public, et que cela résonne comme une image universelle de la figure paternelle dans la société japonaise.

Quelle est la relation des personnages à la nature ?

La caméra saisit parfois des éléments de « nature » tels que le ciel ou les arbres. Pour moi, c’est une représentation du sacré. Tokyo n’a pratiquement plus d’espaces naturels, mais ces aperçus de ciel ou d’arbres sont comme les témoins de l’évolution de la ville, qui existe depuis bien plus longtemps que les personnages. Peut-être sont-ils surveillés quotidiennement par cette nature persistante.

Le déplacement dans la ville est un motif récurrent. Comment cette circulation urbaine reflète-t-elle l’intériorité des personnages ?

Je suis né et j’ai grandi à Tokyo, mais pour être honnête, j’ai du mal à articuler ce qui rend cette ville gigantesque attrayante. Bien que Tokyo symbolise le pouvoir central au Japon, en vérité, elle a quelque chose de creux, dépourvu de volonté. Dans une telle ville, je voulais dépeindre des personnages émotionnellement vides – des archétypes du Tokyo contemporain, qui errent dans cette vaste métropole.

Il y a une élégance et une retenue dans votre mise en scène. Vos acteurs transmettent beaucoup de choses simplement par des silences, des postures, des gestes… Comment avez-vous travaillé avec eux ?

J’évite de verrouiller les choses trop tôt avec les acteurs. Au tournage, les dialogues peuvent toujours être réécrits, déplacés, voire supprimés si quelque chose ne fonctionne pas. J’ai abandonné certaines répliques qui me semblaient difficiles à prononcer. En fin de compte, c’est l’acteur qui donne vie au personnage et qui habite le rôle. Je me suis toujours attaché à faire ressortir les subtilités, les détails qui donnent de la profondeur.

Comment avez-vous abordé le casting du père et du fils ?

Le casting pour le rôle de Ren était une évidence. Son interprète, Kodai Kurosaki, est un ami. Dès que je l’ai rencontré, j’ai eu le sentiment qu’il jouerait ce rôle un jour. Il apporte à l’écran quelque chose de moderne qui me semblait essentiel. Il était tout à fait capable de porter ce film. Le père, interprété par Kenichi Endo, pourrait facilement être perçu comme trop autoritaire et comme venant d’un autre temps. Mais je voulais quelqu’un dont la masculinité est intériorisée – rude, mais toujours sympathique. Seul Endo était capable d’atteindre cet équilibre délicat, c’est pourquoi je lui ai proposé le rôle.

Comment définissez-vous votre voix en tant que cinéaste et quelles sont les directions que vous souhaitez explorer à l’avenir ?

Pour être honnête, il m’est encore difficile de prendre du recul sur mon travail. Mais il y a une chose que j’ai ressentie fortement pendant le tournage à Tokyo : certaines histoires ne peuvent émerger que lorsqu’un cinéaste établit une relation personnelle, voire sensorielle, avec une ville ; lorsqu’il essaie de capturer l’essence et l’esprit d’un endroit.

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