Relations presse : @ Laurence Granec et Vanessa Fröchen

BUTTERFLY VISION

Un film de Maksym Nakonechnyi

Genre : Drame
Sortie en salle : 12 octobre 2022

Synopsis

Lilia, une spécialiste en reconnaissance aérienne, retourne auprès de sa famille en Ukraine après plusieurs mois passés en prison dans le Donbass. Le traumatisme de la captivité la tourmente et refait surface sous forme de visions. Quelque chose de profondément ancré en elle l’empêche d’oublier, mais elle refuse de se voir comme une victime et se bat pour se libérer.

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Entretien avec le réalisateur Maksym Nakonechnyi

Pourquoi avez-vous choisi de montrer le point devue d’une femme soldat ?

C’est le résultat des innombrables histoires, confessions et interviews que j’ai pu entendre, et la façon dont tout cela m’a affecté. En y réfléchissant maintenant, je comprends que ce film est pour moi une sorte de recherche de repères dans une société traumatisée par la guerre, où la haine est cultivée par tous les médias. Une femme soldat ayant traversé les mêmes épreuves que Lilia peut être stigmatisée ou perçue comme une héroïne. Si elle continue à prendre ses propres décisions, même si elles ne font pas l’unanimité ou ne sont pas forcément comprises, elle donne un bel exemple (moral et humain) d’une personne qui a su rester debout, bien ancrée au sol, et qui regarde la réalité en face dans toute sa dureté.
Une fois que j’ai eu l’idée de l’histoire, il était impératif de convaincre Iryna Tsilyk de me rejoindre en tant que co-auteur. Elle était la réalisatrice du documentaire qui a inspiré cette histoire, et elle avait également recueilli de nombreuses expériences pertinentes. Iryna est membre de la famille d’un ancien combattant. Bien que j’aie esquissé l’intrigue moi-même, Iryna a apporté beaucoup de détails vivants et précis au scénario. En outre, son travail sur les dialogues a été inestimable.

Vous avez choisi de contrebalancer la dureté de l’histoire avec des éléments surréalistes. Pouvez-vous expliquer vos choix esthétiques ?

L’un de mes objectifs était de transmettre de façon discrète le sentiment que la guerre continue à suivre une personne même en temps de paix. Pour parvenir à cela, j’ai décidé de faire le film dans un style hyperréaliste. Les scènes de rêves surréalistes montrent que le traumatisme réside dans l’inconscient, qui contrôle de façon invisible la vie et les actions. Je pense que le principal conflit se trouve entre la vie extérieure de Lilia, qui comprend le point de vue et les
attentes des autres, et son monde intérieur où elle voit son vrai moi, ressent ses besoins et ses désirs. Les rêves expriment ce procédé intériorisé et incarnent la transformation qu’elle traverse, sans l’expliquer au spectateur mais en donnant le ton juste. Les couleurs du film sont celles des uniformes de camouflage militaire fondues dans l’espace de la vie civile. Le gris sale, le bleu pâle et le bleu de l’uniforme d’hiver ; le vert olive, le kaki et vert foncé des uniformes classiques de l’armée ; les couleurs ocre, terre cuite et sable de l’automne sont toutes visibles dans les lieux, paysages et costumes créant une présence imperceptible qui accompagne constamment les personnages. Je voulais également attirer l’attention sur le rôle d’internet, des médias et des réseaux sociaux dans nos vies et montrer comment ils facilitent l’escalade de la violence dans un conflit en laissant s’exprimer la haine et le chaos qui ont des conséquences désastreuses. Les éléments visuels de ces médias sont incorporés à la texture du film pour que nous puissions les envisager de l’intérieur et réaliser comment ils influencent la réalité dont ils parlent.

Et pour la partie onirique ?

Les cratères dans le sol formés par les explosions et les lignes de tranchée sont des endroits terribles mais ils semblent familiers à Lilia. Ces paysages constituent la majorité des images qu’elle voyait à travers son écran pendant les vols de reconnaissance des drones. Ils forment la trace laissée par la guerre, les blessures qui déforment le corps terrestre. Cela dresse un parallèle avec le corps de Lilia également déformé par la guerre (cicatrices dues à la torture, vergetures sur son abdomen, cicatrices de la césarienne). Pendant la guerre, le drone de Lilia a survolé les blessures de la terre, et dans un rêve, un papillon fait de même. En plus d’être le symbole de la Psyché, c’est aussi le nom de code de Lilia, qui avec son travail de reconnaissance, a pu voler. Bien que cela se déroule dans un rêve, cela manifeste le « super-pouvoir » acquis par Lilia en maintenant sa dignité et sa personnalité dans la vraie vie. Ce vol n’est pas du tout fluide : il est soit saccadé, comme celui d’un papillon, ou mécaniquement vif, comme celui d’un drone de reconnaissance. Le vol contribue aussi au paysage sonore du film. Le bourdonnement caractéristique du drone incarne la frontière entre rêve et réalité.

Quelle est la signification du titre ?

Butterfly est le nom de code de Lilia. Le titre reflète le grand degré de conscience du personnage vis-à-vis de sa situation, sa responsabilité envers ses actes et sa propre existence. Il exprime sa capacité à comprendre sa véritable nature et la réalité qui l’entoure. Ayant observé la guerre principalement du ciel, Lilia parvient à voir le rôle qu’elle y a joué avec une certaine distance.

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