Relations presse : @ Viviana Andriani

Les graines
que l’on sème

Un film de Nathan Nicholovitch

Genre : Drame

Synopsis

Accusée d’avoir tagué “MACRON DÉMISSION” sur un mur de son lycée, Chiara n’est pas sortie vivante de sa garde à vue. Bouleversés, ses camarades de classe décident alors de prendre la parole.

Fiche technique

Récompenses

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que l'on sème ?

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Entretien avec le réalisateur Nathan Nicholovitch

Initié au sein d’un atelier cinéma mené dans un lycée de banlieue parisienne, écrit et tourné avec les lycéens, Les Graines que l’on sème déploie à partir de cette situation une puissance de fiction étonnante. Comment est née cette ambition ? Était-ce votre intention de départ ?

Cet atelier est proposé chaque année par la municipalité d’Ivry-sur-Seine : « Un cinéaste vient partager son univers avec une classe de lycéens ». Il n’y a pas réellement d’obligation de rendu, de prérequis sur la forme, le cadre est très libre. Je ne savais pas ce que nous allions réaliser ni quelle serait notre capacité collective à créer. A mon arrivée, le lycée était en blocus depuis que 6 lycéens avaient été placés en garde à ­­vue, accusés de « dégradation aggravée » suite à la découverte d’un tag MACRON DÉMISSION sur un panneau à l’entrée du lycée. Le blocus demandait le retrait de la plainte que la proviseure avait déposée à la demande du rectorat, et qui plaçait les lycéens sous la menace de poursuites judiciaires conséquentes. C’est dans ce contexte chaotique que j’ai progressivement rencontré les jeunes. Tous oscillaient entre le désir de défendre leurs camarades, dont ils trouvaient légitimes les revendications, et le sentiment de culpabilité lié à une faute qu’il fallait réparer. L’idée du scénario du film est donc partie de cette oscillation. J’ai proposé aux élèves d’imaginer qu’une lycéenne placée en garde à vue pour avoir tagué MACRON DÉMISSION ne ressortait pas du commissariat. Avec l’idée de leur tendre un miroir et avec le désir de dessiner avec eux leur propre image que la fiction nous permettrait à la fois de déplacer, d’incarner et d’éclairer. Mon intuition était de pousser la réalité de ces lycéens jusqu’à la tragédie pour mieux la rendre visible, et par là tenter de mieux la comprendre. Chiara – cette lycéenne fictive – n’existait pas, nous allions devoir l’inventer pour la commémorer.

De manière plus générale, comment s’est développée la collaboration avec les lycéens, quelles en furent les étapes ?

J’ai d’abord écrit un scénario assez classique qui nous permettait d’accéder au chemin du film, à sa dramaturgie, mais avec des trouées dans lesquelles allait s’inscrire progressivement la part d’écriture des lycéens. Chaque élève ainsi que Marie Clément, la professeure qui menait le projet avec moi, était chargé d’écrire son hommage à Chiara, puis de l’interpréter à l’église ou au cimetière. Ainsi, le personnage central du film appartenait à chacun. Dans le creux de cette mort fictive, c’est leur vie à eux que je cherchais à attirer. Les hommages leur permettaient de cristalliser une vérité intérieure et d’exprimer une parole singulière. Chacun a puisé dans ses émotions et sa lecture des événements pour inventer Chiara et sa relation avec elle.

Durant cette phase d’écriture, j’ai essayé de repérer ce que chacun pouvait porter de singulier afin de les encourager à s’en saisir pour l’écriture de leur personnage : des questionnements personnels, une façon d’être particulière… Le talent de Pauline à la guitare et au chant par exemple, celui de Pierre pour dire un poème, le besoin d’un autre d’exprimer sa colère… Tout ce qu’ils souhaitaient convoquer d’intime devait nécessairement faire partie intégrante du film. Nous avons longuement retravaillé ensemble ces hommages qui ont progressivement trouvé leur forme et leur place dans le scénario initial.

De mon côté, en fonction de leurs propositions, j’ai développé les autres figures du film : les adultes. Je les ai pensés comme autant de chambres d’échos aux paroles des jeunes. Pour ces personnages, il ne s’agit jamais de recadrer ce que les adolescents expriment ni de les contrer ou de vérifier des présupposés, mais au contraire de prolonger leurs pensées, leurs mots, dans des perspectives plus larges.

Enfin et en parallèle, dès le premier atelier, j’ai demandé aux lycéens de venir chaque semaine au lycée avec 3 plans filmés au téléphone portable sur « un état du monde ». Nulle mise en scène ou dialogues ne devait y figurer. Je voulais voir simplement des plans de 30 secondes au minimum tirés de leur quotidien, de leur réalité, de ce qu’ils vivaient. C’était une manière de les faire entrer en cinéastes dans ce bourbier de l’hiver 2018-2019. Ces images ont accompagné l’écriture du scénario et ont enrichi le film jusqu’à la fin du montage.

 

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