Un hiver à Yanji

Un film de : Anthony Chen

Genre : Drame
Sortie en salle : 22 novembre 2023

Synopsis

C’est l’hiver à Yanji, une ville au nord de la Chine, à la frontière de la Corée. Venu de Shanghai pour un mariage, Haofeng s’y sent un peu perdu. Par hasard, il rencontre Nana, une jeune guide touristique qui le fascine. Elle lui présente Xiao, un ami cuisinier. Les trois se lient rapidement après une première soirée festive. Cette rencontre intense se poursuit, et les confronte à leur histoire et à leurs secrets.

Leurs désirs endormis dégèlent alors lentement, comme les paysages et forêts enneigées du Mont Changbai.

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Entretien avec le réalisateur Anthony Chen

L’image de la glace joue un rôle important dans le film. Qu’est-ce qui vous a poussé à raconter une histoire dans cet environnement glacial ?

Lorsque j’ai décidé de situer le film en hiver, j’ai pensé qu’il fallait en faire un véritable film d’hiver, et donc nous rendre dans le nord, dans l’un des endroits les plus froids de Chine. Avant ce film, je n’étais jamais allé dans le nord-est de la Chine, mais je me souviens très bien, pendant mon enfance, d’une exposition de sculptures de glace de Harbin qui avait été présentée à Singapour. Quand je pense à l’hiver, ce n’est pas seulement l’idée de la neige qui me vient à l’esprit, mais aussi celle de la glace.

Je trouve fascinant que l’eau se solidifie en glace assez rapidement à basse température, et que lorsque le soleil ou la chaleur entrent en jeu, elle fond à nouveau rapidement en eau. Il y a quelque chose dans cette idée qui m’a attiré, et sans avoir une idée précise de l’histoire ou de l’intrigue que je voulais écrire, je savais que je voulais capturer ce sentiment – celui de trois jeunes gens qui se lient et développent une relation en un temps relativement court.

Les paysages du Mont Changbai et du lac du Paradis font fortement écho aux peintures chinoises dans le film. Pouvez-vous nous parler de la façon dont vous avez intégré le folklore et les œuvres d’art traditionnelles ?

Lorsque j’ai visité le Mont Changbai pour la première fois, j’ai été fasciné par sa beauté, en particulier par l’époustouflant lac du Paradis qui se trouve à mi-chemin entre la Chine et la péninsule coréenne. Certains des paysages que j’ai observés ressemblaient à des peintures chinoises, qui sont pour la plupart monochromes, mais dont la beauté suscite beaucoup d’émotion.

De nombreux éléments du film ont été inspirés par les choses que j’ai observées lors de mes repérages à Yanji et dans les environs. Même la légende de l’ours dans le film faisait partie de mes recherches sur le Mont Changbai. Il y a une certaine magie que j’ai découvert à Yanji, et j’ai voulu la saisir dans ce film.

Les trois personnages sont comme un triptyque d’une nouvelle génération, que pensez-vous d’eux individuellement et de leur dynamique ?

Je voulais réaliser un film sur la jeune génération en Chine et sur le sentiment de liberté spirituelle qu’ils recherchent tous. J’ai lu beaucoup d’articles et de textes sur la désillusion de la génération actuelle de jeunes en Chine. N’ayant pas grandi ou vécu en Chine, je ne me sentais pas autorisé à dresser un portrait social réaliste authentique de la vie d’un jeune dans ce pays. J’ai donc tenté de traduire les idées que j’avais lues à travers des traits plus larges avec mes personnages, et d’exprimer les émotions et les angoisses de cette génération. Notre trio est composé d’individus qui ont subi des échecs et qui luttent contre leurs échecs et leurs déceptions de différentes manières. Pour moi, ces trois-là se sont trouvés à un carrefour particulier de leur vie, et leurs échanges auront changé l’un et l’autre pour toujours.

Ce triangle amoureux de la jeunesse est un thème familier au cinéma. Y a-t-il des films qui vous ont inspiré lors de la réalisation ?

J’ai toujours aimé JULES ET JIM de François Truffaut et lorsque j’ai eu l’idée de faire ce film sur des jeunes gens se déroulant sur quelques jours seulement, je savais que, comme dans JULES ET JIM, il s’agirait d’un trio composé de deux hommes et d’une femme. Mais pour moi, il était important qu’il ne s’agisse pas d’un triangle amoureux typique avec deux hommes tombant amoureux de la même femme, je voulais établir une certaine forme d’ambiguïté et de complexité dans leurs relations.

On peut remarquer dans la scène de la librairie un hommage amusant à BANDE A PART de Jean-Luc Godard. Je pense en particulier à la longue scène qui se déroule à l’intérieur du Louvre. J’ai mis l’équipe au défi de recréer notre version de cette scène en un seul plan séquence.

Les trois protagonistes ne sont pas des habitants de Yanji, quel est le rapport avec votre position en tant qu’étranger travaillant en Chine continentale ?

Étrangement, tous mes films semblent traiter de l’outsider ou de l’étranger et des liens complexes et intimes qui se tissent entre des étrangers. En fait, je me sens à l’aise avec cette identité d’« étranger ». D’une certaine manière, cela m’a libéré de mon bagage. Je trouve de la poésie et de la beauté dans des choses que les gens du pays pourraient trouver banales. C’était mon intention initiale : les trois personnages ne devaient pas être originaires de la région, et je ne souhaitais pas que l’on sache précisément le milieu dont ils sont issus.

Il y a également beaucoup d’éléments coréens. Comment ce contexte interculturel est-il lié aux protagonistes sur le plan narratif et thématique ?

C’est ce qui m’a intrigué et enthousiasmé à Yanji, car la moitié de la population est d’origine coréenne et parle cette langue. En explorant la ville, on oublie parfois que l’on se trouve en Chine. Ce mélange de deux cultures correspond d’autant plus aux thèmes explorés par le film : ces jeunes personnages sont à la recherche d’un sens de l’identité et se retrouvent tous dans ce pays semi-étranger.

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