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Un jour, Clémence prend conscience que personne ne l’a jamais admirée.
Bercée par les illusions d’une enfance chaotique, elle croise un certain Paul, que tout le monde surnomme Paul Pot pour sa tendance lourde à la tyrannie. Elle se dit alors qu’il est temps pour elle de se poser la seule question qui vaille : « Et si je valais plus que je ne le crois ?”
Vous avez réalisé votre premier long métrage, J’ai tué Clémence Acéra, en 2001, avant d’entamer une carrière florissante de scénariste. Quel a été le déclic pour vous lancer dans un deuxième long quelque 25 ans après ?
Le déclic, c’est une double rencontre. D’abord celle avec Raphaële Moussafir, ma coscénariste, avec qui j’ai partagé un grand plaisir d’écriture. Puis, celle avec le producteur Eduardo Sosa Soria. Il me contacte, me dit qu’il aime mon travail de scénariste et souhaite produire un long que je réaliserais : je ressors donc plusieurs scénarios de mes cartons, dont celui de Une Fille en or. Sans trop y croire… Sauf que c’est celui-là, justement, qui lui tape dans l’œil ! Et voilà comment je me retrouve à re-travailler sur Une fille en or. Seul, cette fois. De fait, je me réapproprie le scénario pour en faire sans doute mon projet le plus personnel.
Une fille en or s’ouvre sur un groupe de parole dédié à l’estime de soi. Doit-on y voir un aveu, sinon un clin d’œil à un certain manque de confiance peut-être… ?
La première fois que j’ai entamé une thérapie de groupe, c’était comme monter à l’échafaud. Les gens du groupe m’ont appelé Didier pendant toute cette première journée et je ne les ai pas corrigés, c’est vous dire mon niveau de confiance en moi…
Au début de la conception d’un scénario, je m’intéresse d’abord aux personnages. Ce sont eux qui font émerger les thématiques, avant que l’intrigue ne se construise à partir de là, de manière organique.
C’est vrai, je me suis très vite identifié à Clémence, l’héroïne d’Une fille en or. Ce type de personnage m’a toujours ému, dans les films comme dans la vie. Le manque d’estime de soi apporte souvent, à mes yeux, une aura de drôlerie et de poésie à celles et ceux qui en souffrent.
Comment décririez-vous Clémence à quelqu’un qui ne l’a pas encore « rencontrée » ?
Le prénom Clémence n’est pas un hasard. Il illustre un mélange détonnant de candeur et de malice, un peu à côté de la plaque forcément. Est-elle stupide ? J’avais envie que le spectateur se pose la question et qu’il se rende compte, petit à petit, qu’elle est très maligne en réalité. Elle a décidé de reprendre les rênes de sa vie, et ça, c’est vraiment courageux.
Votre scénario s’appuie sur un tandem antagoniste, celui formé par Clémence et Paul, dit Paul Pot, son patron tyrannique, a priori très sûr de lui justement…
Ces deux-là sont pour moi comme les deux faces de la même pièce : l’un et l’autre ont un gros problème de confiance en soi qui s’exprime différemment. Le parcours de Paul est celui de quelqu’un de figé dans un autoritarisme de façade. Sa raideur cache une douleur. En fait, sa rencontre avec Clémence lui fait prendre conscience qu’il va devoir changer. J’aime quand les gens prennent conscience de leurs limites.
Vous avez fait appel à une comédienne ciselée pour interpréter Clémence, à savoir Pauline Clément, pensionnaire de la Comédie française.
J’ai découvert Pauline grâce à l’un de mes enfants qui m’a conseillé d’aller voir sur YouTube lorsque je cherchais mon actrice principale. Je suis tombé sur Pauline dans les vidéos réalisées entre autres par le collectif « Broute ». Aussitôt je me suis dit : « c’est elle ! ». Son côté un peu brindille, son charme qui n’a rien à voir avec les canons de beauté habituels, le manque d’assurance hyper touchant qui émane d’elle, son grand sens du tempo : tout cela m’a fait penser à Clémence. C’est seulement lorsque je l’ai rencontrée que j’ai appris qu’elle était à la Comédie française.
Comment êtes-vous arrivé à Arthur Dupont pour le rôle totalement à contre-emploi de Paul Pot ?
Arthur, lui, je l’ai rencontré lors d’un casting. Un moment hyper agréable. Mais ce qui comptait avant tout, c’était l’alchimie qui pouvait se créer avec Pauline. On a donc fait des essais, au cours desquels une évidence s’est dégagée de leur duo. C’est à ce moment-là, d’ailleurs, que j’ai pu mesurer le potentiel comique de Pauline. On s’est tous dit : « Waouh, elle envoie ! ». Bref, ces essais ont achevé de me convaincre : je voulais Arthur, tout en sachant qu’il n’était pas le personnage puisqu’il est très exubérant et très sympathique dans la vie, et que Paul, lui, est raide et antipathique. Un vrai contre-emploi en effet ! Arthur y est très juste, je pense qu’il échappe à la caricature du petit patron tyrannique. Lui aussi a un grand sens du comique.


















![LES ENFANTS ROUGES 120 UGC[1]](https://www.nourfilms.com/wp-content/plugins/essential-grid/public/assets/images/300x200transparent.png)








































































