Cosmos

Un film de : Germinal Roaux

Genre : Drame
Sortie en salle : 6 mai 2026

Synopsis

Dans un village oublié du Yucatan, Leon, gardien maya des secrets de la nature et des esprits, va être chassé de ses terres. Son chemin croise celui de Lena, riche femme de lettres récemment arrivée de Mexico.
Malgré leurs différences, une connexion profonde se forme entre eux.

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Entretien avec Germinal Roaux

Qu’est-ce qui vous a attiré vers la vision du monde maya, et à quel moment avez-vous su que cet univers deviendrait le cœur de Cosmos ?

Ce qui m’a d’abord attiré, c’est le lien profond que j’ai tissé avec une communauté maya en 2009. Dans cet univers, j’ai été saisi par une étrange sensation, une sorte de révélation. J’ai compris, de manière très intime et profonde, que c’était là que je devais créer un nouveau projet. Un film qui me permettrait de me réconcilier avec ma peur de la mort.

La disparition de mon meilleur ami dans un accident de la route, alors que j’avais vingt ans, a sans doute laissé en moi une cicatrice profonde. Depuis longtemps déjà, je ressentais le besoin de trouver une manière de transformer cette tragédie.

La cosmovision maya ne sépare pas l’être humain de la nature, ni le visible de l’invisible. Très tôt, j’ai senti qu’il existait là une manière d’habiter le monde qui résonnait avec mes propres interrogations.

Il est toujours difficile pour un écrivain, un poète ou un cinéaste d’expliquer le mystère de la création. Dans mon cas, tout commence toujours par une rencontre.

Comment avez-vous construit une approche contemporaine, respectueuse et vivante autour de la culture maya — une culture souvent perçue comme appartenant au passé ?

Le respect et la fidélité dans la manière d’aborder la culture maya étaient pour moi essentiels. Il n’a jamais été question d’inventer un personnage fictif ni de travailler avec un acteur professionnel. Il m’était essentiel de faire en sorte que la cosmovision et l’expérience d’Andrés Catzin soient au cœur du film, que sa culture, sa connaissance intime de la nature, du cosmos et des étoiles puisse guider le projet.

Même si le cinéma construit souvent son propre monde, ma tâche consistait ici plutôt à accueillir, avec la plus grande justesse possible, tout ce qu’Andrés Catzin et la communauté maya avaient à nous offrir.

La vision maya propose une relation très différente au temps et à la nature. Comment cette perspective résonne-t-elle, selon vous, avec le monde accéléré dans lequel nous vivons aujourd’hui ?

La cosmovision maya nous rappelle que le temps n’est pas une ligne qui nous pousse vers l’avant, mais un cycle dans lequel nous vivons et auquel nous appartenons. Pendant la création du film, j’ai progressivement compris que les deux personnages, Lena et León, représentaient deux parts de moi-même — comme le yin et le yang.

Lena, ancienne professeure d’université, femme cultivée et très intellectuelle qui a consacré sa vie à comprendre le monde, se retrouve à la fin de sa vie complètement démunie face à sa propre finitude. À l’inverse, León, qui n’a reçu aucune éducation académique mais a grandi au cœur de la cosmovision de sa communauté et paraît, extérieurement, le plus pauvre des deux, se révèle spirituellement le plus riche — le mieux armé face à la réalité de notre finitude. Sa compréhension organique de la vie le rend bien plus serein et confiant que Lena face aux grandes questions de l’existence.

Dans un monde qui va si vite, où tout nous éloigne de nous-mêmes, j’ai voulu créer un film qui offre au spectateur un espace de calme et d’attention, où il puisse se reconnaître et peut-être retrouver quelque chose d’essentiel.

Quel a été le plus grand défi créatif — ou éthique — pour traduire une vision spirituelle et culturelle aussi profonde en langage cinématographique ?

Le plus grand défi a sans doute été d’accepter — et de pouvoir accueillir — quelque chose de plus grand que soi. Je crois que c’est là le véritable travail du poète.

C’est difficile à expliquer, mais les meilleures idées semblaient souvent venir d’une autre dimension. Tout mon travail a alors consisté à me rendre disponible à cette dimension.

Traduire une vision spirituelle en images comporte toujours le risque de la simplifier, de l’esthétiser, voire de la caricaturer. Il fallait trouver une forme cinématographique qui laisse de l’espace, qui ne prétende pas tout expliquer, mais qui permette au spectateur de venir avec sa propre expérience et de vivre une véritable rencontre.

Le silence, la nature et le passage du temps semblent centraux dans votre travail. Quel rôle jouent-ils dans Cosmos ?

Le silence n’est pas une absence ; c’est un langage en soi. Une porte ouverte qui invite à entrer. En ce sens, je dis que les réponses les plus fracassantes viennent souvent du silence.

Dans ce film, la nature n’est pas seulement un décor : c’est un personnage central. C’est la nature qui relie Lena et León. Et c’est le chien Bruno qui crée le lien entre eux. J’espère que ces éléments ouvrent un espace intérieur chez le spectateur — un lieu où quelque chose peut doucement naître.

Qu’aimeriez-vous que les spectateurs emportent avec eux après avoir vu le film ?

Un léger déplacement du regard. Une mise en mouvement intérieure. Une nouvelle manière de voir le monde. Peut-être l’ouverture à de nouvelles questions plutôt que des réponses. Et le sentiment d’avoir été invités à ralentir, ne serait-ce qu’un instant.

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